Dory en rade de Saint Martin

Dory triste en rade de Saint Martin, Fort Louis, baie de Marigot.

Jeudi, Hervé le Port, électricien de marine et ingénieur de l'armement égaré à st Martin, est venu à bord de Dory sur la recommandation de Volvo Penta qui avait envoyé mercredi un technicien inspecter le moteur Volvo Penta 2D40. Il avait trouvé un mauvais câblage de la séquence préchauffage impliquant un démarrage instable. Cela veut dire que le démarrage dépend des conditions où se trouve le moteur au moment où on cherche à démarrer, conditions qui changent sans cesse. Dans certaines conditions, le moteur ne démarrage plus. C'est pour le moins ce qu'on appelle une panne aléatoire subtile.

En effet, le démarrage du moteur diesel monté en dipolaire n'est pas un problème simple et facile car dans la phase de préchauffage, le moteur est relié à la coque (soit quelques secondes seulement). De plus, les moteurs Volvo Penta ne sont pas livrés pour être montés en dipolaire, de sorte que chacun fait un bricolage qui n'est pas garanti par Volvo!

Enfin, une fuite importante de plus de 50mA au négatif était observée en permanence quand le moteur était sous tension. C'est pas bon pour la corrosion.

Le recâblage de la séquence de démarrage qui s'effectue sous le contrôle du module MDI (qui n'est pas en cause et on a pu le vérifier) avait 2 objectifs:
1) démarrer sans condition,
2) supprimer ou diminuer autant que possible les fuites électriques.

Hervé a mis en place une modification à l'aide 2 relais notamment, qui permet d'atteindre ce double objectif. J'en suis enchanté car toutes les sorties de Dory depuis 3 ans ont été "abîmées" par cette instabilité du moteur qui parfois ne démarrait pas. Grand merci Hervé pour ta maîtrise du sujet et l'apport d'une solution que nous n'aurions pu imaginer sans toi.

L'éolienne que nous avons baptisée Pamela (car on y a mis du silicone) était aussi en panne depuis cette funeste nuit. Tous ces tracas sont en coïncidence, on les a constatés au même moment mais ils ne sont pas liés par une cause commune.
L'éolienne produit du courant alternatif redressé dans un pont de diodes. En dévissant sur les conseils d'Hervé la flasque arrière de son moteur, nous avons trouvé le pont de diodes décollé et ses connections défaites. Nous avons eu la grande chance que tout cela ne soit pas happé dans la rotation et broyé. Laurent a remis tout cela très soigneusement en place mais la boule au cœur car cette éolienne a été l'objet de tous nos soins depuis des semaines.

Il manquait tout simplement la boulonnerie pour fixer le pont de diodes. S'est-il défait et tombé à la mer? N'a-t-il pas été mis en place du tout, nous ne le savons pas.
Ce qui est capital, c'est que l'éolienne marche de nouveau comme à son premier jour.

Dory piaffe à l'ancre dans l'attente d'aventures de mer.

A bientôt pour une suite moins technique.

Dory en rade de Saint Martin

Retour à terre

18° 4' 19" N , 63° 5' 39" O

Chers amis,

C'est avec la tristesse au coeur que nous avons décidé hier à 17h de revenir à Saint Martin, notre point de départ. Dimanche après-midi, nous longions l'île Anguilla, toute allongée comme une anguille et nous avons évité de nombreuses bouées (des bouteille vides) de filets ou de casiers. Nous pensions nous en être éloignés quand dans la nuit noire sans lune encore levée, nous remarquons que depuis quelques temps Dory est à 2 noeuds alors que le vent devrait le pousser à 6 noeuds au plus près du vent. Impossible de virer de bord alors que la côte approche, ni de changer de direction. Voir l'épingle à cheveux, lieu de l'incident, dans la trajectoire de Dory sur la photo ci-dessous. On y observe aussi notre trajet d'aller et celui de retour à st Martin.

C'est alors que nous pensons aux casiers et avec une lampe torche, nous ne tardons pas à découvrir que nous remorquions un énorme matériel de pêche sous-marin. Avec la gaffe, après quelques efforts à l'arrière, nous attrapons finalement le bout d'une bouée qui tirait extrêmement fort mais le winch arrière a permis de le tirer à bord. Bout tranché et Dory libéré! On remarqua tout de suite qu'il ne restait rien dans les oeuvres sous-marines de Dory.

On essaie alors de démarrer le moteur qui refuse. Il y eut différents essais fastidieux à expliquer et nous avons échangé différentes conjectures sur le moteur mais toutes inopérantes. La réalité est que nous ne savions plus quoi faire pour remettre le moteur en route.

Deuxième point noir, il y a des courants de fuite dans la coque en pagaille et cela est grave lorsque l'on a un bateau en aluminium où tout est monté en dipolaire.

Troisième difficulté : Alexandre est malade depuis le départ et malgré son entrain et sa volonté de surmonter cette difficulté, je trouve cela inquiétant car je sais très bien ce qu'est le mal de mer et comme il est difficile de le surmonter.

Aujourd'hui mardi à 12h, nous avons rejoint Saint Martin et réussi à venir dans le port à la voile pour ancrer. Depuis je recherche un expert de Volvo pour réparer le moteur et il se trouve que Saint Martin est le meilleur endroit des Caraïbes pour cela. Mais aussi un électricien marine pour identifier les fuites électriques. Rendez-vous est pris pour demain matin et après-midi.

L'espoir revient mais nous sommes affectés de voir que Dory a régressé sur la route de l'Atlantique.

Nous pensons à vous comme on vous aime et soyez assurés que nous décidons avec prudence et sans amour propre.

Retour à terre

L'océan est devant nous

18° 11' 0" N , 62° 58' 0" O

Laurent a raccompagné Christine jusqu'à son taxi, son retour en Europe sera plus rapide que le notre. Un infini merci à elle, qui aura finalement plus visité les supermarchés pour s'occuper de l'avitaillement que mouillé le maillot de bain sur les plages paradisiaques de la région.

Dans une certaine solennité, nous avons larguées les amarres à 15h10. Après deux bords bien tirés, nous faisons maintenant route vers le premier waypoint indiqué par Michel. La route est longue, le départ est salué par le panache d'eau d'un petit cétacé que j'aperçois sur tribord.

Le plan de quart est fait, la nuit s'annonce belle et tranquille sous trinquette.

L'océan est devant nous

Où l'on joue avec les cumulus lenticulaires

Mercredi fut journée de relâche à Barbuda. Après une nuit agitée par la pluie et les rafales de vent, le bleu a envahi le ciel comme une bonne nouvelle envahi de bonne humeur une journée. Bains dans l'eau bleue du lagon au milieu des coraux morts; certains ont gardé des couleurs et des poissons ont été vus par Laurent. La Pointe de Cocoa est magnifique. C'est un point de rebroussement entre 2 plages immenses de sable blond, ourlées de broussailles herbeuses et surmontées de cocotiers et de palmiers qui ondulent au gré du vent. Certains de leur feuillage ont la forme d'un ventilateur ou d'une éolienne plaisante à regarder sous cet aspect.

Nous avons déplacé Dory vers Palmetto Point, plus proche de la capitale Codrington. Codrington est le nom d'une famille anglaise qui, sur cette Ile, faisait de l'élevage et du stockage d'esclaves qu'ils revendaient aux autres îles, toutes vies confondues.
Puis, débordant cette pointe, nous avons rejoint Cedar Tree Point, autre rebroussement entre 2 plages immenses. Les 15 miles de route furent encombrés de bancs de sable et de corail à fleur d'eau dans une zone signalée comme mal sondée. La zone est hachurée sur la carte et les derniers sondages ont été faits au début du siècle dernier. Finalement l'ancre fut jetée par à peine 3 mètres d'eau mais j'ai tenu bon pour mes 25 mètres de chaîne. Peu de temps après un autre voilier, un Océanis 47 est venu s'ancrer à proximité. Puis son unique habitant et capitaine est venu nous rejoindre avec son annexe. Sa poignée de main est mémorable car il y manque 4 doigts. Il nous offrit un superbe lambi et nous lui avons proposé une bière. La conversation a notamment porté sur l'extraction puis la cuisson de l'animal qui malgré ces propos incongrus en sa présence n'a pas daigné mettre la tête hors de sa coquille. Finalement nous avons renvoyé le gastéropode à son milieu préféré.
Coucher 9h mais lever 3h pour l'île Fourchue à Saint Barth soit 60 miles.

Le vent de la nuit était si faible que nous avons dû garder le moteur au début. Puis un peu de vent est arrivé avec le jour. Un vilain nuage nous a obligé à diminuer la toile, c'est-à-dire, prendre un ris. Puis un relatif calme est revenu.
Une heure plus tard, nous nous sommes progressivement rapprochés d'un très grand nuage de couleur plus foncée; de chaque côté, il avait une grosse lentille qui s'égouttait en pluie. En entrant au beau milieu, nous étions certes contents d'éviter ces 2 pluies latérales, encore mouillés de l'incident précédent mais, par précaution, nous avions repris un ris, craignant le pire.
Entrés sous le nuage, nous avions l'impression d'être sous un pont ou à l'entrée d'un tunnel. C'est alors que le monstre a montré son visage.

En une longueur de Dory, de vent arrière nous somme passés vent debout et le vent de moins de 10 nœuds produisit subitement des rafales à 30 nœuds sur une mer qui semblait aspirée et blanche de moutons. L'épisode a bien duré 2-3 heures avec une très intense pluie avant que nous retrouvions une atmosphère libérée de ce monstre nuageux, accumulation de tant de forces qu'il ressemblait à un animal hostile.

Oui, les gros cumulus lenticulaires des tropiques sont dangereux.

Passage sans encombre au nord de Saint Barth et nous avons rejoint l'île fourchue pour le mouillage de la nuit. Christine nous a réconforté par sa cuisine, précédé d'un apéritif au rhum préparé par Laurent.

Nous vous embrassons comme nous vous aimons.

Où l'on joue avec les cumulus lenticulaires

Remontée vers Barbuda

17° 32' 41" N , 61° 46' 8.01" O

Mardi matin (le petit prince a dit ...) nous avons assisté au lever d'étendard anglais sur le voilier voisin. Le timbre poste républicain qui flotte au vent de Dory manifestait comme un complexe opposé de fierté. Brexit fait, j'envisage de me décomplexer avec un étendard digne de Jeanne La Pucelle à l'assaut des villes françaises à libérer des anglais.

La deuxième observation concerne le ratissage de la plage par un autochtone. La plage est surmontée de greens parfaitement entretenus par qui vous savez et qui convergent vers des demeures patriciennes. Le fort à l'entrée était de taille misérable ainsi que les colonnes d'Hercule mais il me faisait penser de par sa facture à ceux de l'entrée de Kinsale. Un trois mâts dont il ne pouvait embrasser toute la longueur en un seul regard barrait le fond du repère du célèbre amiral.

Route vers Barbuda à partir de 8h30 en contournant l'île par l'ouest.
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Remontée vers Barbuda

Départ vers le Nord

17° 0' 11" N , 61° 45' 39" O

Samedi et dimanche, nous nous sommes ancrés à l'entrée du Port de Pointe-à-Pitre pour éviter les manœuvres de port et de prise de ponton toujours difficiles et également être plus à même de partir pour des essais. Pas de houle venue perturber notre gîte et du soleil dans un ciel bleu, juste des hésitations à nous baigner à la sortie du port.

J'ai fait faire un examen complet du moteur par une personne qu'on m'avait recommandée. Il a bien fait le tour des circuits d'eau, de gasoil, de refroidissement, d'arrivée d'air et la fuite électrique en négatif a pu être mieux localisée dans le circuit commun au détecteur d'alarme et de préchauffage appelé MDI. Pour cacher la fuite, une diode avait été installée en sortie (entre les plots 3 et 4). Réparation envisagée à St Martin car il n'y a pas de MDI de rechange ici. Ce fut l'occasion d'une formation pratique pour Laurent car moi, les moteurs, c'est vraiment pas mon truc.
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Départ vers le Nord