Atterissage au Cap-Vert

Le Cap-Vert, c’est déjà bien au sud, ce qui fait qu’avant même de voir la terre, nous sommes accueillis par des poissons-volants. Il m’aura fallu quelques sauts pour comprendre que c’était ça, je ne m’y attendais pas et suis aussi surpris qu’émerveillé, ça change des dauphins qui nous accompagnent régulièrement… La nuit, le bateau devient un redoutable filet de pêche aérien, le matin il n’y a plus qu’à ramasser sur le pont. C’est un peu bourré de petites arêtes mais c’est très bon.

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A part les dauphins, on a croisé quelques tortues qui se laissent dériver à la surface de l'océan et puis pas mal d'oiseaux. Les plus étonnants sont sans aucun doute les pigeons, bien loins de toute côte et qui tentent parfois, au bord de l'épuisement d’atterrir sur le bateau pour se reposer un peu. C'est assez déconcertant de les voir glisser sur le métal des barres de flèche ou le plastique du pont et de ne rien pouvoir faire pour les aider.

Et puis la nuit, il y a le plancton bioluminescent, qui dessine la traînée du bateau. Et quand la mer est un peu formée, c'est tout autour de nous que ça s'illlumine, on se prendrait presque pour Michaël Jackson dans Billie Jean, à allumer les vagues sur notre passage.

La première île que l’on rencontre en arrivant des Canaries, c’est l’île de Sal. Une grande digue protège le port de pêche et le quai de déchargement des cargos et offre un abri sûr pour le mouillage des voiliers, venteux mais sûr. L’arrivée se fait en slalomant entre les grosses bouées qui marquent les ancrages des cargos et celles, beaucoup plus petites des pêcheurs.

La digue franchie, la seule envie que l’on a c’est de repartir tant c’est moche! De grosses citernes de gas-oil pour ravitailler les cargos de passage laissent échapper un agréable parfum d’hydrocarbures. On n’a pourtant pas trop le choix puisqu’il faut aller faire les formalités d’entrée dans le pays dans un des trois aéroports internationaux, et que celui de Sal est de loin le plus proche et pratique. On salue en passant à leur hauteur 2 sud-africains puis nous mouillons tranquillement par 5 mètres de fond.

On n’est pas censés aller à terre tant que les formalités d’entrée ne sont pas faites et il est l’après-midi est trop avancée pour qu’on ait le temps de les faire. On gonfle cependant l’annexe pour rendre visite aux sud-africains et ils nous disent qu’ici c’est tranquille et qu’aller boire une bière ne nous causera aucun problème.

Ils nous proposent même de nous accompagner et le lendemain de nous montrer où sont les différents bureaux pour l’enregistrement, ça commence plutôt bien!

Quelques bières, puis la nuit...

Le lendemain, c’est bien renseignés que nous enchaînons les bureaux et obtenons le tampon tant attendu, le premier de mon passeport fraîchement délivré. En revenant, on en profite pour faire quelques courses à Esperagos et je me paie le luxe d’un barbier pour la modique somme de 2€... La peau sous ma barbe est bien blanche, il y a un léger différentiel qu’il va falloir combler.

Les jours se suivent et se ressemblent un peu à Palmeira, on hésite entre rester pour le week-end et la fête qui l’accompagne ou descendre vers l’île de Santiago. Entre temps, on a vraiment sympathisé avec les sud-africains Dale et Dave, et avec un belge "de passage" aux Canaries depuis 6 mois, Fredo.

Dave est venu prêter main forte à Dale parce que l’équipage qui devait l’accompagner au Portugal a quelque peu été refroidi par la traversée depuis Dakar, ça a dû secouer sévère… Dale emmène son bateau en méditerranée où il sera rejoint par sa femme et ses deux enfants pour quelques années de voile en famille. Pour l’instant, ils attendent que les vents soient plus cléments (du moins au début) avant de partir pour 3 semaines de près!

Quant à Fredo, il a déjà eu 50 vies et aujourd’hui il cabote au Cap-Vert et s’avère être un précieux conseiller et un fin connaisseur des mœurs locales, ça accélère grandement notre intégration.

Atterissage au Cap-Vert

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