Ça mord!

La journée d'hier a été assez calme et mes 2 compères ont lu leur bouquin toute la journée. Forcément, ils ne vont pas vous raconter que c'est Emile le tueur ou que Bernard a passé le Cap Horn... Mais c'est écrit dans le titre bon sang!

Le moment intéressant, c'est quand le soleil a terminé sa course vers l'horizon. Peu avant, quelques dauphins nous ont accompagné pendant 10 minutes avant de disparaître. C'est notre triste routine: des dauphins à peu près tous les jours... :-/

Reprenons donc! On est samedi, presque 2 semaines que les gaules moisissent dans ma cabine, il est temps de leur faire prendre l'air. On change quelques noeuds sur Melindeux et à l'eau la belle. Vingt heures précises, le frein craque d'un à-coup rauque et bref. Un silence. Et ça repart de plus belle, le son change de tonalité, il se fait de plus en plus aigü. Je le deserre, pour laisser la bête prendre du fil facilement, je sens le tambour qui chauffe. Ca tire fort, très fort.

Huit noeuds, on va trop vite. Michael saute hors de son sac de couchage, rentre le génois, prends un ris sur la grand-voile et change de cap. Quatre noeuds, mieux! Je commence à serrer le frein, on arrive au bout des 350m de nylon sur le tambour. En-dessous il y a la vieille tresse et je ne suis pas très sûr du noeud qui relie les deux ni de la solidité de cette dernière. Ca tire encore très fort, puis ça s'arrête, 15m avant la jonction. Entre temps j'ai mis le baudrier, la canne est dedans, Michael l'assure au bateau, il faut remonter tout ça... Notre ami le poisson n'a pas l'air d'accord et tire fort, on patiente. Et puis commence la longue répétition du même geste, tirer la canne en arrière, reprendre du fil en l'abaissant vers l'avant. Centimètre par centimètre, le fil s'enroule sur le tambour. Parfois, il faut être beau joueur et accepter d'en rendre un peu au poisson quand il tire trop fort.

Discussion improbable (quoique) au milieu de l'océan:
- Et si il a des dents le poisson?
- Ben tu l'attrapes par les ouïes!
- Non, mais si c'est un requin?
- T'inquiète pas, c'est pas un requin...

Une demi-heure passe, il est à 20m, il plonge, on attend un peu puis on l'amène enfin à l'arrière du bateau. Il est magnifique, 1.20m de long et là Michaël a cette phrase mémorable: "Attends, photo!". J'ai le bras gauche en feu, il est malade! Allez dire à un marathonien d'attendre 5 minutes parce qu'on n'est pas prêt à le prendre en photo à l'arrivée... Grrrrr

Photo faite, on relâche l'animal et on le regarde s'enfoncer dans les profondeurs, c'était un beau combat, une belle prise, la joie règne à bord.

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Ne vous étonnez pas si on ne poste rien de plus que la position du bateau certains jours, le temps va être au beau fixe toute la semaine à venir et à part les dauphins et la pêche, l'activité à bord est assez limitée. Je vais peut-être même finir par ouvrir un livre... Allez j'y retourne, on n'a pas encore attrapé de daurade coryphène.

PS: Anne-Claire, peux-tu ajouter 3 boites de mercalm au colis s'il te plait. Merci d'avance.

Ça mord!

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