Santa Clara - Cigares et Che

Remedios, the place to be

De la Havane, notre itinéraire initial devait nous mener vers Matanzas puis Santa Clara. N'étant pas les seuls ici en cette saison et les transports étant tout de même assez limités (réservations vivement recommandées pour ces périodes, on s'en souviendra), nous partons directement à Santa Clara. De là, il nous sera facile de rejoindre la toute proche Remedios où nous souhaitons être pour passer noël.
Les cubains n'étant jamais à court de ressources, nous partirons en voiture, emmenés par un taxi qui fait des extras entre les villes.

IMG_3156

Sur le bord de l'autoroute, les cubains font du stop en agitant des billets. D'autres, le pratiquent de manière sauvage et... Sportive!

IMG_3154

Dieu est un fumeur de havanes

Au petit matin, réveil par les oiseaux de la maison et petit-déjeuner dans le patio verdoyant en leur compagnie.

IMG_3295

Ajoutez à ce qu'il y a sur cette photo une assiette avec crudités (tomates/concombres) et deux œufs (omelette, brouillés...) et vous obtenez le petit-déjeuner des champions.

IMG_3163

Après tout ça, on est d'attaque, direction la fabrique de cigares. Photos interdites, jusqu'à ce que le responsable qualité jette un œil par-dessus mon épaule et me glisse que la voie est libre...

IMG_3165

Quelques minutes plus tard, sans vraiment se cacher, le même nous sortira un paquet de cigares de la poche cargo de son pantalon: 1$ l'unité. L'un d'eux finira au fond du sac à main de Bérengère pour être fumé le soir par Sylvain.

IMG_3167

D'une manière plus générale, on se fait alpaguer par les ouvriers qui nous proposent de retrouver un de leur ami à l'extérieur de la fabrique. Les arrangements se concluent aussi de l'extérieur, en se postant près des fenêtres. Le soir, à la casa, notre voisin de chambre est un habitué de Cuba depuis 20 ans, grand fumeur de cigares et donc des combines pour les obtenir à bon prix. Il nous racontera comment, à grand renfort de collants et autres justaucorps les quantités sorties peuvent être très élevées. Attention cependant, les cigares vendus dans la rue peuvent se révéler mauvais (faits avec des feuilles de palmes comme ils disent ici), ou pourvus du mauvais mélange de feuilles (voir ci-après). Mieux vaut s'adresser à quelqu'un de confiance ou dans des boutiques qui, si les prix y sont plus élevés, s'avèrent être encore bien plus avantageux qu'en métropole. Mais à 45$ la boite de 25 au marché noir, la tentation est grande...

Fabriquer un cigare c'est un art, qui commence dès la production des feuilles de tabac. Vient ensuite leur séchage puis l'acheminement aux manufactures chargées d'en faire des cigares. Il va sans dire qu'à ce stade, une partie à déjà disparu et alimente les circuits parallèles. Ceux qui les fabriquent sont d'anciens rouleurs en retraite ou d'autres encore en activité pour compléter leurs revenus. Le matériel nécessaire étant limité à un petit établi pourvu d'une bonne lame et d'une presse, on peut installer un poste un peu n'importe où.

Le cigare est garni en son centre d'un mélange de 3 feuilles qui vont lui donner son goût puis le reste des feuilles qui constituent l'enrobage.

L'homme qui fait fumer les machines

Le poste restant est celui de notre ami le contrôleur qualité. Quand il n'est pas occupé à vendre le contenu de sa poche, il passe dans les rangs et prélève un échantillon. Après l'avoir allumé, il l'introduit dans l'orifice d'une machine qui aspire (oui, on y a mis le doigt) et mesure la pression nécessaire pour fumer.
La machine qui fume doit rendre un verdict entre 40 et 60 (pas fait gaffe aux unités, que M Boyer me pardonne s'il lit ces lignes) sous peine de voir les cigares mis au rebut.

Les chutes issues de la découpe des feuilles de tabac sont collectées et serviront à fabriquer des cigarillos dans une autre usine.

Che Story

La ville qui a donné son étoile au Che est évidemment fière de son passé et honore la mémoire du Commandante du mieux qu'elle peut. De longues discussions suivront les visites, sur la muséification du phénomène et la véracité de tout ce qui nous est présenté: les lunettes de Pierre, le fusil de Paul qui a tiré sur Jacques en prenant appui sur l'épaule de John, mourant...

Le complexe à la mémoire du Che borde la grande place de la Révolution. Une gigantesque fresque et une statue du Che (l'une des 3 en pied que compte l'île) surplombent le musée et le mausolée de celui qui participa grandement à libérer Cuba du joug de Batista. A ses côtés, reposent ses derniers compagnons, tués avec lui en Bolivie.

IMG_3188

A noter dans le musée, la présence du Larousse ayant appartenu au Che. Cocorico!
En contrebas, mal indiqué et moins fréquenté, se trouve le cimetière où reposent les guerilleros ayant combattus sous les ordres du Che.

Instants de vie

En rentrant en ville, DEUX gamins se battent avec un arbre pour qu'il leur rende leur cerf-volant.

IMG_3206

Et puis on regarde passer quelques vieilles américaines.

IMG_3208

IMG_3210

IMG_3213

IMG_3217

L'essence étant très chère, les cubains se déplacent beaucoup en transport en commun (camion, taxi ou calèche collective) et en vélo.

IMG_3218

IMG_3212

La calèche, ça n'est pas (que) pour les touristes.

IMG_3209

Un étal de rue: on ne peut pas trouver mieux achalandé que ça, nulle part!

IMG_3222

L'attaque du train

Dis comme ça, ça fait très cowboys et petits indiens, far West dans les Caraïbes. Et c'est exactement ça!
En s'éloignant du centre-ville, on se retrouve avec la vision "apocalyptique" de ce train, attaqué et déraillé en 1958, véritable musée à ciel ouvert. Traduction personnelle du texte inscrit sur l'une des sculptures:

Le 29 décembre 1958, un peloton de 18 hommes de la huitième colonne "Ciro Redondo", à la demande du Capitaine Ramón Pardo Guerra Guile et sous les ordres du Commandant Ernesto Che Guevara (avec sa participation active) a fait dérailler, attaqué et pris un train blindé composé de 2 locomotives et de 18 voitures et dont les effectifs s'élevaient à 408 hommes (officiers et soldats confondus) armés de canons, bazookas, lance-roquettes, mitraillettes de divers calibres et fusils. En une heure et demie de combat, les soldats de la junte rebelle, armés seulement de fusils et de cocktails Molotov obtinrent la reddition de l'ennemi ainsi qu'une grande victoire militaire.
GLOIRE AUX HÉROS

Pas besoin de les chercher, les impacts de balles sont rehaussés de petites étiquettes indicatrices, les masses de métal s'éparpillent au milieu de grandes sculptures de béton figurant les explosions. Le bulldozer avec lequel ils ont pu arrêter le train (ils ont arraché les rails) est porté aux nues. Les wagons, censés être blindés sonnent aussi creux que la tête à Toto...

IMG_3257

IMG_3264

Che Story, deuxième partie

Un peu plus loin encore, quand la rue se fait bien droite, interminable pour le vieux cantonnier qui balaie inlassablement: on rencontre le Che.

IMG_3276

IMG_3279

La représentation grandeur nature est augmentée de petits détails figurants des moments de sa vie et se glissants dans les plis et replis du métal. Ah ça pour les statues, ils sont doués les cubains.

IMG_3281

IMG_3282

La boucle de ceinture figure ses compagnons tués avec lui en Bolivie.

IMG_3277

Casa Hector

Et puis en fin de journée, nous retrouvons la casa d'Hector. Le seul et unique employé, Giovani, qui fait tout ici et dont les services sont dignes des meilleurs majordomes n'en est pas moins diplômé d'un doctorat en microbiologie... Il trouve même le temps de nous préparer des cocktails pendant que le repas mijote et négocie les prix à notre place au téléphone, de sa propre initiative. Un homme en or qui travaille trop et sur les épaules de qui repose la bonne marche de cette maison. Il mérite bien un morceau du saucisson passé en contrebande par Sylvain et que l'on déguste avec un mojito. L'ambiance est bonne dans le patio.

Santa Clara - Cigares et Che

Une réflexion au sujet de « Santa Clara - Cigares et Che »

  1. kerfourn béné dit :

    j'ai beaucoup aimé la CHE story2.merçi pour toutes ces photos!,un peu de soleil arrive jusque dans notre Normandie bien grise cet hiver ! et,tu as l'air très en forme...
    j

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *