Sortie de l'eau

Il est 9h, tous sur le pont, on attend César! Il arrive, nonchalant, comme d’habitude, et nous confirme que c’est bien pour aujourd’hui. Vu qu’on devait sortir le bateau il y a 3 jours, on était un peu fébriles. Dix heures, Michael crie "on y va les gars", un mec de l’équipe de César monte sur le bateau, le moteur vrombit, on détache la pendille et les amarres et c’est parti.

Le chantier est tout près de la Marina, on y est en 20 minutes. Le mec de César, D (ils ont tous pris un prénom à une seule lettre, plutôt que de l'expliquer 20 fois aux occidentaux), prépare les amarres et les pare-battage. Il faut dire qu’on ne va pas tout à fait sortir à l’européenne mais plutôt à la Cap-verdienne. On aperçoit bientôt une grue de levage sur le quai au loin, rien à voir avec les grues pour bateaux, mais ça on s’en doutait un peu… L’amarrage est un peu sportif, le vent et la houle nous rabattent contre le quai, les pare-battage font tout le boulot, le bateau bouge pas mal. A ce moment, je suis assigné à leur surveillance, vérifier qu’ils jouent bien entre le bateau et le quai, les déplacer si nécessaire et pousser tant que je peux entre le bateau et le quai quand une vague un peu plus forte les écrase violemment. Et pour écraser, ça écrase! Une demi-heure passe comme ça. Sur le quai on réfléchit, on s’active, on discute et on passe finalement les sangles sous le bateau, avant d’approcher la tête de la grue entre les haubans arrière.

Maintenant, il faut soulever.

La grue joue des gazes, tout le monde sauf D descend du bateau, Igamor prend son envol pendant qu’on évite qu’il ne se balance trop au vent en détendant progressivement les amarres. Une fois au-dessus du quai, battu par le vent, la valse des supports commence… D’anciens, solides mais branlants bers de bois sont placés sous le bateau mais ils sont trop courts de 50-60 cm. Ils avaient prévu des planches, comme on fait toujours, mais là on en manque quand même cruellement. Deux supports en acier complètent l’attirail, ça ne va pas être assez. Pendant ce temps-là, je suis affecté à l’amarre avant alors je tire tout en regardant tout le monde s’agiter. C part avec les clefs du pick-up de César, revient 10 minutes plus tard avec 4 bouts de bois... Michael, César et d’autre s’éclipsent, plus rien ne bouge, je crois que je vais tirer longtemps sur cette amarre... Un gars tire avec moi, un badaud, un employé, ça n’est pas très clair ici tant il y a parfois du monde.

Plus de supports métalliques arrivent, puis de gros billots de bois qu’on empile comme des Kapla...

La grue lâche prise lentement, les billots partent en avant, c’est instable, on recommence, c’est instable, on recommence, c’est instable... Les sangles font pencher le bateau vers l’avant. Eux veulent en plus le faire gîter légèrement sur tribord, c’est pas tout à fait gagné.

A force d’empilements et d’essais on y arrive, le bateau parait stable. Michael assure les bers en métal, pour ne pas qu’ils glissent. Le quai en béton est en effet recouvert de gravillons! Trop facile sinon… On tire finalement des amarres depuis le bateau et on l’arrime au quai, le travail va pouvoir commencer.

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