Curaçao, double face

Alors Curaçao comment dire...

Déjà, il faut arriver de jour parce que l’entrée d’un des seuls endroits où peuvent mouiller les voiliers (Spanish Water) c’est l’aiguille dans la botte de foin.
Spanish Water est remplie de marinas, au milieu desquelles on peut ancrer tranquillement, quand même! Et sur les flancs de cette grande baie, des villas avec pontons privés, évidemment.

Pour rester poli, faire les formalités à Curaçao, c’est la merde internationale! Il faut déjà rallier Willemstad en bus (va trouver l’arrêt) puis à une fois là-bas, ça n’est pas comme partout ailleurs, la douane et l’immigration sont chacune d’un côté du canal et il faut marcher au milieu de la zone industrielle, pas glorieuse, hormis un tag sympa et une belle vue sur le pont. Pas si mal me direz-vous. Pas si mal.

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Je cherche encore pourquoi les bateaux de croisière s’arrêtent ici et déversent leurs flots de voyageurs. A mon avis ça doit avoir un lien avec les jolies façades colorées et pittoresques, ornées d’enseignes de luxe...

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Curaçao, c’est un énorme terminal d’échange entre cargos avant/après le passage du canal de Panama. Ceux qui sont trop gros pour le franchir répartissent leur chargement ou à l’inverse amassent les produits en provenance de plus petits qu’eux. Le peu de l’intérieur de l’île que nous avons vu est très développé, on se croirait dans une banlieue sans fin comme les États-Unis savent en produire.
À part le pont tournant, la meilleure attraction de Willemstad:

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On rencontre même une plateforme offshore de dépose de pipelines sous-marins en réfection:

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Heureusement, nous avons l’excellente idée de nous diriger à quelques heures de là vers Klein Curaçao. Ce petit bout de terre, quasiment inhabité est lui bien plus paradisiaque. Dans le même genre que Bonaire et son Klein, petit Curaçao (pour les francophones) est une petite île corallienne sur laquelle certains se sont échoués faute de ne l’avoir pas vue venir, nous y reviendrons.
Elle a la particularité de démontrer parfaitement et sur un espace réduit les conditions d’exposition aux éléments des îles des Caraïbes. On parle souvent de côte au vent et de côte sous le vent. La constance des courants et des vents dans cette région du monde rend la côte sous le vent tranquille, propice au mouillage, à la vie et au développement.

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Au contraire de la côte au vent, qui bat ici des sommets d’exemplarité.

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Il y a de quoi faire son marché, y compris en produits neufs! Bon d’accord, il manque la deuxième...

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Ça illustre parfaitement l’état dans lequel les mers et les océans sont aujourd’hui mais mériterait tout de même un bon coup de balai mensuel pour garder le coin propre. Enfin comme c’est la côte au vent et que personne ne va s’y poser pour bronzer...

Fait marquant de notre passage ici, en revenant d’un petit tour de piscine, je fais le tour du bateau et brosse la coque. Sur le haut du safran, ce que je crois être des saletés s’avèrent être de petits crabes qui lorsque je les dérange s’empressent de courir sur toute la coque du bateau comme une invasion de criquets dans un champ de maïs. Agiles ces petites bêtes-là!

Oui mais voilà, en remontant à bord je me rends compte que ça fait tic-tac dans ma tête... Ayant passé une bonne heure à barboter, je mets ça sur le compte de l’eau que je dois avoir dans les oreilles et vais m’allonger à l’avant pour sécher au soleil. La tête penchée sur le côté, je sens bientôt quelque chose sortir de mon oreille, que je m’empresse dans un mouvement réflexe de repousser sur le pont: un crabe. Oups!
Maintenant je sais ce que j’ai dans l’autre oreille... Je tente la technique d’imitation du trou de crabe traditionnel et comme pour le premier penche la tête, l’oreille au soleil et attend que Monsieur sorte pour humer les embruns. Mais voilà, il n’a pas l’air d’avoir envie. N’ayant aucune envie de le voir s’éterniser là, je file à l’arrière du bateau pour le plan B: la douchette d’eau douce aura raison de lui...

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Après être retournés à Spanish Waters et Willemstad pour les formalités de sortie, nous quittons Curaçao de nuit, au milieu des nombreuses lumières de tous les cargos en attente au large dont un qui parait aussi haut que long…

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Curaçao, double face

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