Arrivée aux Canaries - Marina Rubicon

J’en ai vu des marinas dans ma vie de marin, mais là ça frise les sommets. La marina Rubicon, c’est un joyeux mélange entre la marina Playmobil et Disneyland. Tout est aseptisé, on y trouve des restaurants pour tous les goûts, des boutiques aux fringues hors de prix et des habitants blancs et rouge, en fonction de la durée d’exposition au soleil. Après 5 jours de mer, dont le début aura été un peu sportif (mais sans nourrir les poissons) on est quand même bien contents de trouver les douches chaudes et les machines à laver. Michael peut se rhabiller pour pratiquer l'espagnol, il est ici comme un poisson dans l’eau et parle allemand, flamand ou anglais. On se fond ainsi dans la masse même si on cherche les bons restos pas trop touristiques et qu’on arrive à parler espagnol avec les serveurs, contents d’être considérés comme autre chose que des passe-plats.

Mes camarades font une sortie vers le seul village "normal" à 30km à la ronde tandis que je me repose et vais acheter un peu de matériel de pêche, nous sommes jusqu'à maintenant bredouilles.

Arrivée aux Canaries - Marina Rubicon

Cap au Sud

Ouvrir les yeux et voir à travers le hublot le ciel bleu. La houle a diminué, Igamor bouge moins dans la marina.

Aujourd’hui on repart, dès que le vent tourne à l’ouest. Le trajet jusqu’aux Canaries s’annonce plus paisible, un seul bord avec vent de travers tournant au portant. En théorie...

Derniers réglages, dernière montée au mât et dernière douche chaude avant de revoir la terre dans 5 à 6 jours.

Cap au Sud

Sines, petit village charmant

En attendant que le vent ne tourne, on rivalise d’ingéniosité pour réparer et on voit que la solidarité n’est pas un vain mot. Merci donc à la conasse du magasin d’accastillage du port, qui plutôt que de nous envoyer vers son concurrent nous dit que le ridoir qui nous manque sera introuvable ici. Merci (vraiment) à Yves et à la famille Ichas qui se sont déplacés de Lisbonne pour l’apporter.

Et puis le soir on va dîner, dans une petite cantine. Deux plats, morue frite ou poulet grillé, préparés et servis en famille. C’est extraordinaire de simplicité et de sourire, on demande un peu de salade, on se retrouve avec 2 belles assiettes de salade verte et de tomates, parfumées à l’huile d’olives. La mama nous rajoute une assiette de frites et nous montre qu’au-delà de la tradition portugaise de tremper le pain dans l’huile d’olives, elle, trempe carrément les frites... Pas mauvais du tout, parfait pour emmagasiner quelques calories avant de repartir.

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Sines, petit village charmant

Amarinés à force

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C'est le moment du départ. Une partie des familles reste à quai tandis que l'oncle d'Estelle et sa famille partent pour nous suivre un peu avec leur voilier.Le Tage nous retient cependant un moment, on recule même à certains endroits. Il faut lutter face au vent, ce qui ne facilite pas le départ. Les hauts fonds créent un environnement type machine à laver, ça rince bien...

Résultat, on nourrit les poissons.

16 heures plus tard, un étai et quelques estomacs en moins, on se déroute vers le port de Sines, à mi-chemin de Lagos.

Amarinés à force

Bye bye Lisbonne

Neuf jours après mon arrivée ici, le séjour se termine sur les chapeaux de roues.

Après avoir diné en famille, je rentre au port pour une nuit de repos avant le départ: le taxi file dans les étroites rues pavées de Lisbonne. Le vieux Mercedes affiche tout de même 850000 km mais parait frais comme un gardon. Les courses ne sont pas chères, à cette vitesse on comprend pourquoi...

Demain c’est dimanche et nous partons vers le sud. Le plan initial a changé, la faute à une succession de dépressions défavorables qui ne veulent pas que nous allions directement aux Canaries. Qu’à cela ne tienne, nous irons à Lagos, au sud du Portugal, juste après le Cap Saint Vincent. Là, nous patienterons 24h à 48h que les vents soient plus cléments.

Je n’ai presque rien vu de Lisbonne, j’ai préféré me reposer et finir le blog. Après, il y a eu le bateau à préparer. Je n’ai pas de regrets c’est ce qu’il fallait.

J’ai tout de même pris le temps de déguster quelques plats locaux et de goûter aux formidables pasteis de nata, ces micro-tartes de pâte feuilletée garnies d’un appareil à flan.

Et puis j’ai promis à ceux que j’ai croisés de revenir, alors je reviendrai, pour la ville et pour ses habitants, souriants, agréables et pour qui tout est simple.

Bye bye Lisbonne

Fin de chantier

En ramenant le tube de frein-filet à Victor, je passe devant la grille qui mène aux bateaux et tourne machinalement la tête, Igamor n’est plus là! Les étriers qui le soutenaient sont vides et je réalise alors que nous partons. Je me dirige vers l’atelier et aperçoit Victor dans la pénombre. Je l’appelle et le remercie chaleureusement de son travail. Jusqu’à ce matin encore, il bricolait sur le bateau.

Igamor est amarré au minuscule ponton d’accueil du chantier, la grue qui l’a mis à l’eau vient de le laisser filer.

Le ciel est bleu, gonflé de beaux nuages blancs moutonneux. La traversée sera facile et agréable, d’abord au moteur pour sortir du chenal puis à la voile, quand même!

C’est la récompense de 3 jours de travail acharné avec Michael à ranger, laver, remplacer, hisser, déranger, mesurer, monter en haut du mât, en redescendre, brancher, vérifier, ranger… Dans 2h nous serons à la marina Alcantara près de Lisbonne, sur l’autre rive du Tage.

Fin de chantier