En chantier

On a élu domicile dans une pension de famille dans le centre historique de Mindelo, à 10€ la nuit, on ne regarde pas à la température de l'eau, il fait de toute manière assez chaud pour que ça devienne agréable. Le premier soir en me couchant, je réalise que ça fait plus d'un mois que je dors sur le bateau, sur une petite couchette exiguë où je fois faire attention à mes moindres mouvements.

Là, tout à coup, j'ai toute la place que je veux! Je m'étends de tout mon long sur le lit, je regarde le plafond, rien ne bouge, c'est déroutant...

Le cadre diffère de celui de la marina. Autour de nous, des bateaux de pêche qui déchargent, font une pause, un peu de peinture ou des travaux. Avec les jours qui passent, les gars commencent à nous connaître, les plus sauvages au début finissent pas nous dire bonjour quand même. Aucun problème dans le quartier, même si la nuit certains traînent un peu, on reste souriants et on bosse, tranquilles.

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En chantier

Sortie de l'eau

Il est 9h, tous sur le pont, on attend César! Il arrive, nonchalant, comme d’habitude, et nous confirme que c’est bien pour aujourd’hui. Vu qu’on devait sortir le bateau il y a 3 jours, on était un peu fébriles. Dix heures, Michael crie "on y va les gars", un mec de l’équipe de César monte sur le bateau, le moteur vrombit, on détache la pendille et les amarres et c’est parti.

Le chantier est tout près de la Marina, on y est en 20 minutes. Le mec de César, D (ils ont tous pris un prénom à une seule lettre, plutôt que de l'expliquer 20 fois aux occidentaux), prépare les amarres et les pare-battage. Il faut dire qu’on ne va pas tout à fait sortir à l’européenne mais plutôt à la Cap-verdienne. On aperçoit bientôt une grue de levage sur le quai au loin, rien à voir avec les grues pour bateaux, mais ça on s’en doutait un peu… L’amarrage est un peu sportif, le vent et la houle nous rabattent contre le quai, les pare-battage font tout le boulot, le bateau bouge pas mal. A ce moment, je suis assigné à leur surveillance, vérifier qu’ils jouent bien entre le bateau et le quai, les déplacer si nécessaire et pousser tant que je peux entre le bateau et le quai quand une vague un peu plus forte les écrase violemment. Et pour écraser, ça écrase! Une demi-heure passe comme ça. Sur le quai on réfléchit, on s’active, on discute et on passe finalement les sangles sous le bateau, avant d’approcher la tête de la grue entre les haubans arrière.

Maintenant, il faut soulever.

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Sortie de l'eau

Dimanche à Salamança

Maintenant que l'on sait que les aluguers pour Salamança se prennent à un autre endroit que les autres, on se rend directement à Ribeira Botte et en deux temps trois mouvements, on y est, pile à 10h. Idney est un peu en retard mais il était parti vérifier le bateau, et puis on n'est pas pressés. Comme ils disent ici: tranquille!

La glacière est chargée en glace, une grosse bouteille de 5L est remplie à moitié de puntch', on ajoute quelques bières à l'ensemble et on charge la brouette avec le moteur du bateau, direction la plage. Enfin la plage des pêcheurs, à l'abri du vent. Une fois arrivés, on pousse le bateau dans l'eau puis ils installent le mat, préparent la voile faite de toile de sacs de riz et de maïs, chargent quelques pierres pour lester et apporter un peu de stabilité. A peine éjectés de la plage, la voile aurique est hissée, se gonfle au vent et nous propulse vers l'avant. Michael est à la barre. Ça avance super bien, c'est très agréable. Au bout d'un moment on vire de bord et là Sylvio m'appelle pour barrer. Ça y est, c'est moi le maestro de velero, me dit-il. J'apprécie de retrouver une barre franche, ça réveille de vieux souvenirs agréables et ça change de la barre à roue d'Igamor.

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Dimanche à Salamança

Sao Vicente - Salamança

Estelle et Michaël ont rencontré Paola un soir où j'étais trop fatigué pour sortir. Sur ses conseils, nous sommes allés à Salamança, petit village de pêcheurs proche de Mindelo qui organise tous les ans 3 jours de fête à partir du 1er mai. On a manqué la régate des bateaux de pêche et la course de natation, on va devoir revenir!

Comme souvent au Cap-Vert, on arrive un peu tôt mais on fait le tour du village tranquillement, on repère les lieux, on commence à tester les pontch's et à faire des classements en fonction des maisons. Parce que c'est ça qui est extraordinaire ici, tout le monde ouvre sa maison et reçoit sur sa terrasse en toute simplicité en servant du pontch', du poulet et des brochettes grillées et surtout, de la murène, pêchée par eux-même. A la barraca de Maria, on trouve une femme affairée à la marmite qui nous parle dans un français excellent. Elle a passé 25 ans en France, dont 15 au service d'une famille dans le VIIIè arrondissement parisien à s'occuper de la maison et des 3 enfants. A force de parler, on boit quelques verres et nous voilà partis avec les jeunes de la maison pour assister à un concert à la "salle polyvalente" sans toit du village. Une grande scène voit se succéder de nombreux artistes réputés du Cap-Vert, jusqu'au bout de la nuit. Nous repartirons peu avant le lever du soleil, sans attendre la catchupa (plat national ici) du matin.

Ayant demandé si on pouvait les accompagner sur leur bateau un jour où ils iraient à la pêche, ils refusent mais nous proposent de nous retrouver le dimanche suivant pour un petit tour de la baie, rendez-vous est pris pour 10h.

Sao Vicente - Salamança

Sao Vicente - Mindelo

A Mindelo, nous sommes à la marina (plutôt très chère), rationnés en eau et en wifi, mais bon, on n'est pas là pour ça. On profite quand même bien de la ville et je finis par assez bien la connaître: où prendre un aluguer (taxi collectif) en fonction de la destination, où manger et quel genre de plat, où trouver du métal, des légumes, les laveries, les cybercafés (et les meilleurs pour téléphoner sans avoir des communications hachées), les barbiers, où danser et faire la fête, où boire le meilleur puntch' de la ville...

Mindelo, c'est le point de passage quasi obligé pour les départs et arrivées de la transatlantique, il y a un aéroport pas trop loin, de quoi faire le plein d'eau et de gas-oil et de vivres, même s'il faut parfois un peu s'adapter aux us et coutumes locaux.

Sao Vicente - Mindelo

Descente vers Santiago, ou pas!

Partis de nuit de Palmeira, on a bien navigué, Santiago est presque en vue quand la récurrence de la faiblesse de nos réserves électriques donne à Michael l'envie de faire un petit tour d'inspection du bateau. Là, c'est un problème structurel qui apparaît, le bruit sourd qu'on attribuait à l'insuffisance de tension des câbles de la barre est en fait un jeu dans le tube de jaumière. Mindelo, sur l'île de Sao Vicente semble être l'endroit le plus propice pour envisager des réparations et c'est non sans un certain stress que l'on entame la remontée, au près (face au vent et aux vagues) avec un safran défectueux.

L'arrivée se fera en début de soirée avec une seule envie en ce qui me concerne, descendre du bateau tant les 24 heures précédentes ont été difficiles à vivre, à guetter (encore plus que d'habitude) le moindre bruit anormal. Je ne pense pas que ça aurait cassé, mais il n'empêche que cette éventualité était bien présente et que les mouvements que j'ai pu faire à la barre se sont franchement adoucis.

Descente vers Santiago, ou pas!

Atterissage au Cap-Vert

Le Cap-Vert, c’est déjà bien au sud, ce qui fait qu’avant même de voir la terre, nous sommes accueillis par des poissons-volants. Il m’aura fallu quelques sauts pour comprendre que c’était ça, je ne m’y attendais pas et suis aussi surpris qu’émerveillé, ça change des dauphins qui nous accompagnent régulièrement… La nuit, le bateau devient un redoutable filet de pêche aérien, le matin il n’y a plus qu’à ramasser sur le pont. C’est un peu bourré de petites arêtes mais c’est très bon.

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Atterissage au Cap-Vert

La Gomera

La Gomera est sans doute la plus belle île qu’on ait vue aux Canaries. (Ancien) repaire de hippies, on parle espagnol ou allemand, c’est un peu déroutant. Le mouillage au pied de la falaise de Puerto de Vueltas est magnifique, même si on doit s’accommoder de voisins indélicats, des siphonophore marin (non, ça n'est pas une méduse) appelé galère portugaise et dont il vaut mieux rester éloigné...

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Il y a de belles balades à faire ici comme remonter un petit cours d’eau jusqu’à être bloqués au pied d’une grande cascade. La destination n’a rien d’exceptionnel mais le trajet est très sympa à l’ombre des arbres.

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Le lendemain, avant de quitter les Canaries, on part pour l’ascension du pic local, qui culmine à 800m du niveau de la mer et forme un côté de la Valle Gran Rey. Ça ne fait que monter, à flanc de falaise, c’est bien entretenu et balisé (ça fait partie d’un GR) et quand on se retourne la vue est splendide sur les cultures à étages dans la vallée.

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La Gomera

Candelaria

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Située sur l'île de Tenerife, Candelaria est la première ville qui nous réconcilie avec les Canaries et le bétonnage massif des côtes à l’espagnole... Accueil charmant par le garde enthousiaste de pratiquer son anglais et bien déçu de voir qu’à nous quatre on parle plutôt bien espagnol. Valentine lui trouve des airs de Dr House, mouais... Ici, on découvre aussi le barraquito, café arrangé des Canaries, je ne le regretterai pas.

C'est à l'aéroport à quelques encablures d'ici que nous laisserons Valentine dans quelques jours. En attendant, on s'en va à l'aventure visiter le jardin botanique de Puerto de la Cruz. Il est malheureusement fermé, les feuilles de palmiers jonchées sur le sol témoignent encore ce matin-là de la tempête qui a secoué cette partie de l'île la veille, il serait dangereux de se promener sous les arbres.

Du coup on monte dans les hauteurs et on découvre la magnifique ville de La Orotava, toute parée pour les fêtes du dimanche des rameaux et dont les habitants participent en nombre aux processions.

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Candelaria

Gran Tarajal

Le passage entre les îles de Lanzarote et Fuerteventura est marqué par la pêche du premier poisson, appelé melva par les locaux. Il finira en carpaccio accompagné d'une bouteille de vin offerte par Sandra et Eric avant mon départ.

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L'arrivée à la marina de Gran Tarajal se fait sous la direction vigoureuse et très professionnelle du garde du port, uniforme de shérif américain, casque vissé sur la tête (il pourchasse les bateaux en quad) et lunettes aviator sur le nez. Une demi-heure et une douche froide plus tard, il nous enregistre. Une fois les formalités effectuées, il se détend un peu quand on lui demande où aller manger dans le coin. On a l'impression que plus on avance et moins c'est touristique, ça promet pour la suite. On se régale de tapas et de somptueuses glaces artisanales, c'est les vacances...

Gran Tarajal