Going Home

Version française.

Paris, France, present time.
Break from the blog stories around the world to review being back, few months later.

I have been traveling for two years. During that time, I experienced many different things, some extraordinary of course, many ordinary as well. There’s no negative assert on that, travel was not only about wonders and magnificent places. Travel was about people, about connecting with the world, with others, with myself.

I lived fully, enjoyed every second. I learnt a lot about myself and about others as well. I evolved to a better version of myself, more patient, more caring, more attentive, more focused. In Japan, I learnt to listen, to truly listen.

Over there, it is politeness 101 to do so, not interrupting someone. When I landed there from South America, I very soon noticed in the wide open eyes of some interlocutors that they were shocked. Interrupting someone is very rude in Japan. I had the chance to learn this from a traditional and yet very open and kind family. And I liked it. I gave it some thoughts and tried ever since to apply that principle.

Traveling, happiness and freedom were everywhere.
No constraints: a mix of hakuna matata and carpe diem.

And then, instead of going home, I went back home. There was a real statement in the name of the blog, to go forward. But I came back and I lost my newfound self in that process.

I struggled to adapt, to fit in. Emphasized by my lack of organisation. Past the happiness of reuniting with friends and family, there was a real struggle for me to manage my desires, my hopes for life path, my ideas and my choices with the basic needs to find a job, get a place to live...

Sitting down somewhere after walking so long was hard.

There’s a saying in French: to loose one’s foot, meaning to loose control. Besides actually breaking my foot during summer, I lost a foot, I lost control over my life.
For a while I lost a foot, for a while I lost sight of the happiness that had grown in my heart.

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Few events brought me to realise it. First, someone close to me rang the bell but it took me time to understand the nature of the problem. Too much time. It was hard because I needed some distance to do so. And I had none.

Then in Munich, I got to feel that travel spirit again, with curiosity for everything. I think I had lost that in the last months of my travel, not enjoying enough the places and more importantly the people. Munich is truly a great city, one of the very few that I could see myself live in actually.

And then there was Dachau. Not so much for the horror of it but for the testimony of a man who spent some time there. Paul Kerstel had some striking words to my ear, a sentence that has been stuck in my head ever since, echoing every day like a motto for my life path.

I learnt, before contradicting someone, to find the reason why my opinion differs from theirs.

Losing that foot, I went back to some old schemes. I was harsh to some people who had grown up and I couldn’t see it. I was equally harsh to people who hadn’t but in my opinion needed to. But in the end what for? I couldn’t see it because paying attention to people implies paying attention to myself first, being aware about what’s going on and I had totally lost that.

Now, I choose to apply that travel spirit to everyday life, use it to improve relationships with people I know, as I did with strangers for two years.

Being back is not what I want. Going forward is. What I do now is making plans, enjoying time with friends and family, talking to strangers in trains, eye to eye, with the curiosity and open-mindedness of a child. And on top of that, taking the best from people, being inspired by their ways to solve issues and be happier, staying open to suggestions, asking for ideas.

I believe that I have to understand people to love them, but of course I have to understand myself first to try to do so. Today, I’m happy that I realised all that, I choose to embrace people’s difference, to listen to them, to understand them.

And as I did with total strangers all around the world for two years, I choose to trust people.


Going Home

Version française.

Paris, France, présent.
Petite pause des histoires du blog autour du monde pour un petit compte-rendu du retour de voyage, quelques mois plus tard.

J'ai voyagé pendant deux ans. J'ai vécu des histoires très diverses, certaines extraordinaires évidemment, beaucoup ordinaires aussi. Pas de négativité dans le propos, le voyage n'était pas seulement dans les merveilles et les lieux magnifiques. Le voyage était aussi l'occasion de tisser des liens, avec le monde, avec les autres, avec moi-même.

J'ai vécu pleinement, apprécié chaque seconde. J'ai appris beaucoup sur moi-même et sur les autres. J'ai évolué en mieux, plus patient, plus attentionné, plus attentif. Au Japon, j'ai appris à écouter, à vraiment écouter.

Là-bas, c'est la plus basique des politesses que de ne pas interrompre quelqu'un. Quand j'y ai atterri d'Amérique du Sud, j'ai vite remarqué aux yeux écarquillés de mes interlocuteurs qu'ils étaient choqués. Interrompre quelqu'un au Japon est très mal vu/vécu. J'ai eu la chance de l'apprendre d'une famille à a fois traditionnelle et en même temps ouverte et bienfaisante. Et j'ai aimé. J'y ai réfléchi et essaie depuis lors d'appliquer ce principe.

En voyage, la joie et la liberté sont partout.
Pas de contraintes: un mix de hakuna matata et de carpe diem.

Et puis, à la place d'aller chez moi (going home), je suis retourné chez moi. Il y avait une vraie déclaration dans le nom du blog. Mais je suis revenu et j'ai perdu mon nouveau moi dans le processus.

J'ai lutté pour m'adapter, pour être en harmonie. Souligné par mon manque d'organisation. Passé la joie de la réunion avec famille et amis, j'ai éprouvé une vraie difficulté à gérer mes désirs, mes espoirs, mes idées et mes choix avec le besoin plus terre-à-terre de trouver un travail, un endroit où vivre...

S'asseoir après avoir marché si longtemps fut difficile.

Et j'ai perdu pied. Au-delà de m'être vraiment cassé le pied cet été, j'ai perdu pied, perdu le contrôle de ma vie. J'avais perdu de vue la joie dans mon cœur.

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Quelques évènements m'ont permis de le réaliser. En premier lieu, quelqu'un qui m'est cher a tiré la sonnette d'alarme mais ça m'a pris du temps de comprendre la nature du problème. Trop longtemps! C'était difficile parce que j'avais besoin de distance pour le faire. Et je n'en avais pas.

Ensuite, il y a eu Munich, où j'ai retrouvé cet esprit voyageur, cette curiosité insatiable. Je pense que j'avais perdu ça durant les derniers mois de mon voyage, que je n'ai pas assez profité des lieux et plus important, des gens. Munich est vraiment une belle ville, une des rares où je me verrais bien vivre.

Et puis il y a eu Dachau. Pas tant pour l'horreur qu'elle représente mais pour le témoignage d'un homme qui y a séjourné. Les mots de Paul Kerstel ont retentit à mon oreille, une phrase m'est restée dans la tête depuis lors et résonne chaque jour comme une devise de vie:

J'ai appris, avant de contredire quelqu'un, à trouver la raison pour laquelle mon avis diffère du sien.

En perdant pied, je suis retourné à de vieux schéma. J'ai été dur envers certaines personnes qui avaient grandi en mon absence, et je ne pouvais le voir. J'ai été tout aussi dur avec d'autres qui n'avaient pas changé mais auraient dû selon moi. Mais au final, pourquoi? Je ne pouvais le voir parce qu'avoir de l'attention pour les gens implique d'abord d'avoir de l'attention pour moi-même, être conscient de ce qui se passe et j'avais totalement perdu cela.

Aujourd'hui, je choisis d'appliquer cet esprit voyageur tous les jours, de l'utiliser pour améliorer les relations avec mes proches, comme je l'ai fait avec les étrangers que j'ai croisé durant 2 ans.

Être de retour n'est pas ce que je veux. Avancer, c'est cela! Aujourd'hui, je fais des projets, je passe du temps avec famille et amis, je parle aux inconnus dans le train, d'égal à égal, avec la curiosité et l'ouverture d'esprit d'un gamin. Par-dessus ça, je prends le meilleur des gens, m'inspire de leurs manières de résoudre les problèmes ou d'être plus heureux, je suis à l'écoute des suggestions, je demande des idées.

Je crois que je dois comprendre les gens pour les aimer, mais d'abord, je dois bien sûr me comprendre moi-même pour y arriver. Aujourd'hui, je suis heureux d'avoir réalisé tout cela, je choisis d'accepter les différences des autres, de les écouter, de les comprendre.

Et comme je l'ai fait avec de parfaits inconnus autour du monde pendant deux ans, je choisis de leur faire confiance.

Going Home

Une réflexion au sujet de « Going Home »

  1. Greg dit :

    Tu peux arrêter d'écrire ton blog après ce post. Dorénavant les photos suffirons et tu pourras venir nous le raconter de vive voix.

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