À la base, je voulais allez randonner dans South Coyote Buttes mais c'est plus loin et Chris, mon guide du jour, n'emmène pas de personnes seules là-bas, à moins de s'arranger sur le prix. Du coup on s'est rabattu sur The Dive.
The Dive, ça fait tout de suite sérieux, un peu comme Angels Landing à Zion! À dire vrai, ça peut, mais j'ai choisi l'option facile. J'ai rendez-vous avec Chris sur la route entre Kanab UT et Page AZ. Pour seule indication de lieu, une borne kilométrique: tous les cailloux se ressemblent au milieu du désert...
Je laisse mon SUV chez lui et grimpe dans son gros 4x4. Avec ça, pas de problème dans les chemins! Vingt minutes de secousses plus tard, nous voici rendus au bout, il faut continuer à pieds. Il n'y a que quelques kilomètres pour atteindre notre destination, c'est un peu pénible parce que c'est un faux-plat dans le sable à suivre les traces des vaches (qui elles marchent toutes dans la même empreinte).
Nous nous dirigeons donc vers The Dive, qui est en fait la falaise nord de Buckskin Gulch. L'option sportive de Chris aurait été de descendre à partir de là et de remonter le ravin pour se faire récupérer à la sortie, plus à l'est. Regardez-moi ce joli relief:
En chemin, on croise une variété intéressante de cactus, qui pousse en mode demi-sphère.
Un arbre mort encore sur pieds, la sécheresse fait des ravages mais laisse derrière elle quelques beaux paysages.
À l'ombre, subsistent quelques traces de neige.
On arrive. Devant Chris, ce qu'il nomme la roche cerveau.
Il est midi, pause sandwich (délicieux) préparé par sa femme.
Après ça, je crois que les images parlent d'elles-mêmes.
Ce qui est impressionnant, ce sont ces feuilles de roche que l'on trouve partout ici. Ça craque à chaque pas, j'ai l'impression de marcher sur des biscuits...
Celui-là, il arrive à vivre en haut de son rocher...
Vu sous un autre angle.
En route pour la deuxième partie du spectacle...
... Pour voir la roche feuilletée dopée aux amphétamines.
Au passage, quelques traces de vie dans le sable; on soupçonne un géocoucou. Évidemment dit comme ça, ça n'évoque rien mais il ne s'agit ni plus ni moins que d'un roadrunner. Autrement dit, notre ami Bip Bip après qui court Coyote dans le dessin animé. À noter qu'un Géocoucou est bien plus petit qu'un Coyote... Je vous encourage à regarder les photos de cet article.
Ensuite, là c'est carrément la quatrième dimension. Ce morceau était vraiment énorme et les photos ne lui rendent pas justice. Difficile de trouver le bon angle, la position du soleil n'aidant pas.
Par endroits, les petits cailloux sont bien rangés, amenés là par la pluie et le vent.
Par endroits, on dirait qu'un mec est passé par-là avec une bombe de peinture...
D'autres gaufrettes, cette roche sablonneuse est vraiment friable...
Et casse facilement (non, ça n'est pas moi).
Tout est orange ou blanc, mais par endroits, on trouve un intrus:
Parfois, le vent fait du dessin:
Parfois, on trouve des traces inconnues...
Vagues de roche.
D'autres brain rocks au loin. Au premier plan, des gaufrettes.
Rare point d'eau dans ce paysage aride.
Couches successives...
Retour où l'on a mangé pour la fin d'après-midi en lumière.
Le géologue qui est capable de m'expliquer dans quel sens ce truc a poussé, il aura toute mon estime...
Ce point d'eau-là est artificiel, pour que les vaches ne meurent pas de soif quand elles viennent dans le coin.
Chris compare cette roche a un oeuf qui aurait éclo, la forme se prête bien à l'idée.
Ah, j'en connais un qui n'a pas trouvé le point d'eau...
Jeu d'ombres.
Comme une vague d'or, les brain rocks au sommet.
Après le coucher du soleil, retour en lumière tamisée. Encore un spécimen étrange de cactus.
En détail.
Et quelques arbres pour finir, celui-ci vivant.
Les deux autres, la sécheresse aura eu raison d'eux.
Chris est le patron de Grand Staircase Discovery Tours, je recommande vivement à quiconque vient dans le coin d'organiser une sortie avec lui.
Mis à part quelques avions de ligne très haut dans le ciel, le souvenir le plus incroyable de cette journée sera le silence assourdissant, cette absence tangible de signes de vie, pas même de la planète. Pas un souffle de vent. Et cet air, si sec, qui oblige à boire plus que de coutume, alors même qu'il ne fait pas si chaud que ça.



























































